Québec fournisseur d'émotions depuis 1534Québec fournisseur d'émotions depuis 1534





















Un peu d’histoire
Trois-Rivières doit son nom à François Du Pont Gravé qui désigna ainsi, en 1599, les trois embouchures de la rivière Saint-Maurice qui se jette dans le Saint-Laurent, qu’elle borde du côté nord. Jacques Cartier y vint lors de son 2e voyage au Canada, en 1535, le même qui l’emmena à Stadaconé (Québec) et à Hochelaga (Montréal). L’idée d’y établir un poste de traite existait déjà lors des explorations de François Du Pont Gravé, en 1599-1603. Champlain l’accompagnait, et c’est finalement le fondateur de Québec qui envoya un subalterne, le Sieur de Laviolette, fonder ce poste permanent de traite avec les Amérindiens en 1634. Mais dès 1618, la foire printanière de la fourrure s’y tenait régulièrement.























Histoire (suite)
Dotée d’un gouvernement local dès 1663, berceau de l’industrie canadienne (Les Forges du Saint-Maurice en 1737), la région trifluvienne connaît un essor surtout au 19e siècle avec l’exploitation des ressources forestières de la Haute Mauricie et acquiert le titre de capitale mondiale du papier en 1925. Depuis les célébrations du 350e anniversaire de la ville en 1984, une renaissance culturelle en fait l’un des pôles artistiques les plus importants du pays.
Photographie

375e de Trois-Rivières

Secret bien gardé sur le Chemin du Roy!


Photo: Sylvain LacoursièreEn 2009, la deuxième plus ancienne ville d’expression française en terre d’Amérique fête son 375e anniversaire de fondation! Accrochez votre appareil photo à votre cou et partons explorer cette ville qui, telle une belle peinture, sait faire rimer plaisir avec culture!


Photo: Sylvain LacoursièreDu Platon à la rue Des Forges, en passant par le Manoir de Niverville, de la terrasse Turcotte au Vieux-Port, en remontant vers le monastère des Ursulines et devant les maisons Hertel-Lafrenière et De Gannes, Trois-Rivières est un trésor d’histoire, d’architecture… et de poésie!  


Qui, comme Platon, déforme la pensée et les sons…

 
Photo:Sylvain LacoursièreTout a commencé sur le Platon. Un nom original qui, bien qu’il fasse penser au philosophe grec, n’est en fait que la déformation du mot peloton, car cette butte ressemblait à une pelote de laine. C’est sur cet endroit surélevé que le Sieur de Laviolette et ses hommes établirent leur fort, en 1634. Du haut de ses 25 mètres, admirez le majestueux fleuve Saint-Laurent, par lequel les premiers habitants sont arrivés.

Photo:Sylvain Lacoursière ( merci aux Barbares Obliques)C’est aussi de là que le célèbre Pierre Boucher défendit Trois-Rivières contre les attaques iroquoises. La troupe Les Barbares Obliques fait occasionnellement revivre l’exploit le plus glorieux de cet homme, qui a affronté et vaincu 600 Iroquois en 1653 mais qui, une fois gouverneur en 1663, ne put affronter sa belle-mère en Cour : cette dernière, Jeanne Énard, était accusée de faire le trafic illégal de l’eau-de-vie et de tenir une maison de débauche au Cap-de-la-Madeleine. Ne se sentant pas capable de témoigner contre elle, Boucher démissionna de son poste et se retira à Boucherville. Ce qui a fait dire à certains qu’on peut affronter 600 Iroquois, mais pas sa belle-mère!

Architecture française : militaires, nobles et manoirs


Photo:Sylvain LacoursièreTrois-Rivières fait une bonne place à la période coloniale française. La capitale mauricienne compte deux manoirs de cette période, soit le Manoir de Niverville (1668), situé au 168 rue Bonaventure, qui abrite la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières. Dans son magnifique jardin, se trouve un monument dédié à l’ancien premier ministre du Québec, Maurice Le Noblet Duplessis, celui qui a donné au Québec son drapeau fleurdelisé. Le Manoir de Tonnancour (1723), au 864 rue des Ursulines, a abrité Godefroy de Tonnancour, qui furent procureur du roi, juge, garde-magasin du roi, commerçant et propriétaire de plusieurs seigneuries. La maison abrite aujourd’hui une galerie d’art. Juste en face, se trouve la Place d’armes, avec son canon hérité de la guerre de Crimée (1853-1856). Ceux qui s’intéressent à la vie militaire récente peuvent visiter le manège militaire de 1905, qui abrite le Musée du 12e régiment blindé de Trois-Rivières.

Photo:Sylvain LacoursièreAllez vous promener plus loin dans la rue des Ursulines, en direction du couvent. Vous verrez d’abord, à droite, au coin de la rue Saint-Francois-Xavier, le plus vieux lieu de culte de Trois-Rivières (1693), soit l’église anglicane St-James, anciennement chapelle des Récollets. Remontez Saint-Francois-Xavier, quelques pas au nord de la rue des Ursulines. La maison bleue (1757) serait l’une des dernières habitations de bois de la période française, mentionnée par le botaniste et voyageur suédois Pehr Kalm.
Photo:Sylvain LacoursièreRevenez sur vos pas, tournez à gauche dans la rue des Ursulines et remarquez les deux superbes demeures à votre gauche. D’abord, au numéro 802, la belle Maison Hertel-Lafrenière (1668), qui a appartenu à une célèbre famille de héros militaires. Surmontée de superbes cheminées coupe-feu, elle abrite un escalier hors du commun. La demeure est maintenant utilisée comme bureau pour le Salon du livre de Trois Rivières. Juste à côté, au 834, la Maison de Gannes (1756), ayant appartenu à Georges de Gannes, également militaire, date de la fin de la période française

Prière de passer, une prière pour le passé


Photo: Sylvain LacoursièrePlus loin, alors que la rue des Ursulines bifurque légèrement, c’est dans toute sa splendeur d’antan qu’on peut encore admirer la chapelle des Ursulines. Le monastère contient un musée, qui nous fait voyager de 1697 à nos jours. Le bâtiment trois fois centenaire a été le seul hôpital entre Montréal et Québec pendant 189 ans (Hôtel-Dieu de Trois-Rivières). Il abrite toujours une école privée pour jeunes filles. Venues de France en passant par Québec, les Ursulines y vécurent cloîtrées jusqu’en 1965. Comment peut-on ne pas adorer les cloîtres, ces lieux tranquilles, fermés et frais, écrivait Maupassant. Tombez en adoration, vous aussi!

Photo:Sylvain LacoursièreL’exposition temporaire vous attend dans la salle d’accueil : Ainsi soit l'art jusqu’au 1er février 2010 dans le cadre du 375e anniversaire de la fondation de Trois-Rivières.Cette exposition présente des oeuvres d'art, des pièces d'orfèvrerie et des ornements liturgiques d'une grande finesse qui rappellent l'histoire religieuse, passée et récente de la ville.Une visite guidée des lieux vous permettra d’admirer la superbe fresque de Luigi Capello, dans la coupole de la chapelle. En juillet et août, on peut aussi arpenter les couloirs du collège et découvrir l’escalier de la réconciliation, né d’une erreur architecturale! Si vous avez l’âme religieuse, vous ajouterez à vos visites le Sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine. et de la Cathédrale de l’Assomption

Forger un continent : l’élan de la fourrure et du fer

 
Photo :Les Barbares ObliquesDu monastère des Ursulines, revenez légèrement sur vos pas, descendez la rue Saint François-Xavier et regardez à gauche : vous apercevrez le monument dédié aux grands explorateurs ayant tous habités Trois-Rivières: Pierre Gaultier de Varennes et de LaVérendrye, qui découvrit les montagnes Rocheuses canadiennes, Pierre-Esprit de Radisson et Médart Chouart des Groseillers, qui découvrirent le lac Supérieur pour la France et firent des explorations dans la baie d’Hudson, ce qui les amena à fonder la célèbre Compagnie de la baie d'Hudson, pour le compte de l’Angleterre cette fois.

Photo: Sylvain LacoursièrePour les friands de reconstitution historique qui souhaitent revivre ces temps immémoriaux, la ville organise annuellement, en juillet, un Rendez-vous des coureurs des bois. Si vous aimez les contes, la ville présente aussi le Festival de contes et légendes de Trois-Rivières, en septembre. Par ailleurs, pour en savoir davantage sur les métiers d’autrefois, on peut se rendre aux Forges-du-Saint-Maurice. Animation historique tous les dimanches.

Les dernières festivités de Trois-Rivières, lors du 350e en 1984, ont consacré la ville comme destination culturelle. Venez vous aussi redécouvrir le riche patrimoine historique et participez à la fête du 375e

(Cliquez sur la carte pour voir les points d'intérêts)

Sylvain Lacoursière
2009-03-27



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