Le Mois de la photo
Montréal sort du cadre
C’est une invitation à voir la photographie de manière différente. C’est Le Mois de la Photo à Montréal qui nous lance cette invitation. Il s’agit de sortir la photographie de son cadre naturel ou habituel, de la situer dans l’espace, autant physique que temporel, tout en lui conservant son authenticité et son rôle : être le témoin de la vie. Du 10 septembre au 11 octobre 2009, ce sont Les Espaces de l’image, en 24 expositions, provenant de 13 pays et c’est gratuit!Le Mois de la Photo à Montréal se renouvelle sans cesse. Cette année marque son 20e anniversaire et la 11e édition de l’événement. En exploitant la photographie comme moyen d’expression au 21e siècle, les artistes sortent celle-ci de son cadre et nous offrent une nouvelle dimension au « 2D » allant même jusqu’en à ajouter une 3e. La photo n’est donc plus cette œuvre statique et plate traditionnellement encadrée. Elle devient interactive et performante; on l’accroche dans des lieux inattendus, mais elle ne cesse pas pour autant d’accrocher notre regard et d’offrir un nouvel angle de lecture de notre monde.
Sortir du cadre
C’est en explorant d’autres arts que Le Mois de la photo sort de son cadre. Sculpture, installation, art éphémère ou vidéo sont autant de façons d’explorer la photographie, qu’elle soit argentique ou numérique.
Le Français Pascal Convert exprime bien cette nouvelle tendance. Sa sculpture – La Madone de Bentalha – réalisée d'après une célèbre photo de presse (Massacre à Bentalha, 1977, Hocine, Algeria, Agence France-Presse) est exposée à la Galerie de l'UQAM. Faite de cire et jouant sur les effets visuels des pleins et des vides, elle illustre bien cette sortie des cadres traditionnels de la photographie.
Le Québécois Pierre Tremblay mise sur les nouvelles technologies et l’interactivité entre l’œuvre et le spectateur. Il propose une longue séquence photographique de sa fille; les visiteurs se déplacent et découvrent une image en mouvement qui n’utilise pas la vidéo. Intrigué? Vous le serez encore plus devant le spectacle.
Voir le monde autrement
Quand la photographie se fait politique, c’est souvent pour dénoncer les abus de notre société. Summer Camp propose des images en mouvement que Yael Bartana oppose les unes aux autres. La vidéo juxtapose deux récits, celui d’un groupe pacifiste israélien qui reconstruit sur le territoire palestinien les habitations détruites en 2006 par le gouvernement d’Israël et un film de propagande sioniste réalisé en 1935.
Pour Oscar Muñoz de Colombie, Aliento (Souffle) représente une allégorie visuelle politique sur la disparition. Des disques métalliques sont accrochés au mur. Ils ne présentent rien de spécial sauf notre reflet. Au contact de votre souffle chargé d’humidité les portraits de victimes politiques apparaissent et disparaissent le temps d’un souffle.
Un monde à découvrir
Dans l’objectif d’un photographe, c’est tout un monde qui apparaît, une sensibilité qui nous laisse songeurs, un point de vue souvent ignoré. Le Mois de la photo (programmation officielle, cliquez ici) est comme un cliché qu’il ne faut pas rater. Jusqu’au 10 octobre, des conférences et des ateliers sont offerts au public et à des groupes scolaires. Sortez de votre cadre et voyez le monde autrement.
André Quenneville
Photos: Le Mois de la photo à Montréal
2009-09-28




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