Le retour du printemps
Le chant des sirènes

Chaque année, le port de Montréal s’anime au son des cornes de brume, du gros bourdon de Notre-Dame, du sifflet des locomotives et des sirènes des bateaux qui y sont amarrés. Pour les Montréalais, le chant des sirènes sonne le début du printemps et est l’occasion de sortir et se donner rendez-vous au Musée de la Pointe-à-Callière pour les Symphonies portuaires. Ne manquez pas le bateau : place au concert!
Cet événement est le fruit de l’imagination de Joe Carter, un architecte terre-neuvien, qui a eu l’idée de créer des oeuvres musicales à partir d’instruments tout à fait inhabituels, les sirènes de bateaux. Il en a parlé à un compositeur de ses amis, Paul Steffler, et ensemble, ils ont créé, à l’été 1993, dans le cadre du Sound Symposium, les premières Harbour Symphonies de Saint-Jean de Terre-Neuve.Les sirènes du Vieux-Port
À l’hiver 1995, Pointe-à-Callière présentait pour la première fois deux symphonies portuaires. Le spectacle a connu un tel succès que les Symphonies portuaires reviennent à la saison hivernale, depuis maintenant 14 ans. L’événement, qui réveille le port encore somnolent et anime le quartier historique du Vieux-Montréal, est une attraction irrésistible pour la communauté montréalaise : un concert de sirènes en plein coeur de l’hiver! La vraie nature des sirènes
Les voix des sirènes de bateaux sont riches, attrayantes et inusitées, et elles diffèrent d’un navire à l’autre. Comme pour toute pièce symphonique, la partition d’une symphonie portuaire consigne une multitude de voix qui s’unissent pour créer un effet d’ensemble unique. À Montréal, les compositeurs utilisent comme instruments les sirènes des laquiers et des bateaux de transport de marchandises qui sont amarrés au port durant la saison des glaces. Les compositeurs connaissent donc à l’avance l’emplacement des bateaux, et une tournée des lieux en début d’année leur permet de vérifier le son des sirènes participantes. À la voix des bateaux, se joignent le sifflet d’une ou deux locomotives et, certaines années, les cloches de la Basilique Notre-Dame. La pièce musicale est alors composée en tenant compte des distances entre les instruments, des effets d’éloignement et d’écho ainsi que des lieux de diffusion et d’écoute. L’aire des sirènes
L’espace acoustique doit être considéré comme un élément central, car le lieu d’ancrage de chaque bateau influe sur la portée de sa sirène. La distance couverte dans le port de Montréal est d’environ un kilomètre d’est en ouest. Ainsi, le chant d’une sirène peut être repris en force par des bateaux plus éloignés pour créer un équilibre entre le choeur et l’instrument solo. En fait, c’est le principe d’organisation d’un orchestre, mais avec des instruments non conventionnels. L’expérience d’une symphonie portuaire est unique. D’abord, la pièce est forcément très vulnérable aux éléments; elle sera soumise aux effets du vent, de la pluie, de la neige, de la température, de l’humidité et du brouillard qui, tous, influent sur les sonorités des sirènes. De plus, comme le lieu d’écoute est vaste, on peut entendre la même symphonie à différents endroits et la percevoir de façon totalement différente, selon que l’on est posté à Pointe-à-Callière, au Vieux-Port ou ailleurs dans le Vieux-Montréal. | Programmation |
14e édition des Symphonies portuaires
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André Quenneville
Photos : Photos : Tourisme Québec, Musée de la Pointe-à-Callière
2008-05-22





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