Le goût des Îles
La croisière s’amuse

Quitter la canicule et le smog, laisser sur le quai ennuis, soucis et tracas et partir à bord du Vacancier. Voilà le scénario que vous propose la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA). Un trajet de 1 300 km sur fleuve et sur mer; 36 heures pour voir le Saint-Laurent en cinémascope et prendre le rythme des Îles-de-la-Madeleine. Travelling avant, fondu enchaîné... appareillage immédiat.
Arrivé au point d’embarquement, on met les montres à l’heure des Îles. Une heure plus tard dans les Maritimes. Adieu les heures de pointe. Finies les heures de bureau. Adieu Montréal. Voici l’heure juste : adieu « métro-boulot », le prochain « dodo », vous le ferez sur l’eau. En attendant, il est 16 h et, sur le pont no 6, on sert le cocktail de bienvenue. Sans que vous vous en soyez rendu compte, on a déjà largué les amarres.En route vers les vacances
Sur le pont no 7, Good People de Jack Johnson joue en sourdine : Where’d all the good people go? Aux Îles, Jack. Des îles qui baignent dans le golfe Saint-Laurent. Tu les aimerais, Jack. Tu t’y sentirais presque chez toi. Et, sur le Vacancier, on ne s’ennuie jamais. Le Vacancier? Un immense traversier qui peut accueillir 200 voitures et 500 passagers. Il quitte l’île de Montréal pour d’autres îles, perdues dans le golfe Saint-Laurent : les Îles-de-la-Madeleine. Un périple de 1 300 km permettant de découvrir le fleuve et ses deux rives.Au fil de l’eau
Le fleuve Saint-Laurent a 100 visages. De Montréal aux îles, il se fera lac, plus loin son eau goûtera le sel et on l’appellera déjà mer, puis il deviendra golfe, immense et sans fin. Ses eaux sont émaillées d’une multitude d’îles aux histoires abracadabrantes et sa faune est d’une richesse incroyable. Au fil de l’aventure, le centre d’interprétation animera cette traversée et vous initiera aux secrets du fleuve et à son histoire.
Les chanceux qui prendront le Vacancier au printemps (de la fin mars à la mi-mai)traverseront la héronnière du lac Saint-Pierre, nommée Réserve mondiale de la biosphère en l’an 2000. Une chance unique, il faut le dire, de voir plus de 2 500 hérons se faire la cour dans les arbres et voltiger au-dessus de la vaste étendue d’eau. À la même période, une marée blanche déferle dans le ciel, avec la migration de la grande oie des neiges. Tout un spectacle!
De fil en aiguille, de saison en saison, l’univers se transforme. D’une migration à l’autre, la vie suit son cours. L’estuaire, abyssal par endroits, est le théâtre de grandes arabesques. Le rorqual à bosse fait le clown, tandis que la géante bleue, timide et gracieuse, tendre et maternelle, protège son veau du regard indiscret et moqueur du béluga, maître des lieux. Sur le fleuve, la faune est dense.La croisière s’amuse…
Un bateau, c’est immense. Une microsociété. Cinq cents personnes d’horizons différents, mais qui partagent un même but : arriver à bon port, rigoler un bon coup sans pour autant faire la vague à chaque fois que l’on croise un navire. Eh oui! On a troqué le trafic autoroutier contre le trafic maritime, qui n’a rien à lui envier! La pétillante et très glamour Gertrude, « femme s’il en est », née aux Îles, anime la galerie. Tout un personnage, au discours décapant. À l’aller, elle vous met au parfum des us et coutumes des Îles et, au retour, elle connaît déjà tous les potins. Son alter ego, Raymond Henri, de son modeste tabouret, égaie la salle à dîner de son répertoire français. Eh oui, Jack, je sais. « Je ne comprends pas français. So you’ll have to speak to me. Some other way (Belle). » Mais la musique, tu comprends, Jack. … et se régale
Ceux qui auront choisi le forfait salle à dîner seront choyés. En plus de se délecter des airs du grand Raymond, ils sentiront leurs papilles s’exciter au contact des saveurs des Îles : fruits de mer, terrine de loup-marin et fromage Pied-de-vent (le fromage des « vaches à Jérôme »). Coup de génie du CTMA : les produits gastronomiques du terroir font leur « frais » sur le réchaud. Une seule larme et de bière… les produits de la microbrasserie À l’abri de la tempête ne sont disponibles que sur les Îles.La virée aux Îles
Comme le disait si bien Nadine Blacquière, directrice du marketing au CTMA et co fondatrice des Excursions en mer : « Les Madelinots ont un pied au Québec, l’autre dans les Maritimes et le cœur aux Îles. » C’est sans doute ce qui les représente le mieux. Un peu Acadiens, un peu Anglos, franchement Francos (le fleurdelisé fièrement porté), les Madelinots sont attachants et accueillants. À votre retour, votre cœur tanguera entre bonheur et nostalgie. Une virée aux Îles, c’est si vite passé.| À propos du navire |
André Quenneville
2008-04-07





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