Dans les musées
Art contemporain : d’un océan à l’autre
C’est une grande première! Ils sont trois. Canadiens de surcroît. Ils représentent à eux seuls les grandes tendances qui se dessinent sur la planète « art contemporain » et près de 50 ans de pratique artistique canadienne. Geoffrey Farmer de Vancouver, Arnaud Maggs de Toronto et Yannick Pouliot de Québec font la une du Musée d’art contemporain de Montréal… jusqu’au 20 avril.À première vue, ils forment un trio mal assorti. Pourtant les trois découpent. L’un fait dans le puzzle géant, l’autre dans le mobilier et le dernier dans le langage en s’appropriant une nomenclature qu’il transpose en larges cercles chromatiques.
Geoffrey Farmer
« L’exposition Geoffrey Farmer est la plus grande jamais consacrée à l’artiste à ce jour. Rien de ce que nous savons de la scène vancouveroise ne nous a préparés à ce type de démarche. » C’est dans ces mots enthousiastes que le directeur Marc Mayer présente les nouveaux projets de Geoffrey Farmer.
Geoffrey Farmer est certainement l’une des voix les plus personnelles et déconcertantes de la communauté artistique de Vancouver. Empruntant à l’art conceptuel et à l’installation, l’artiste a recours, selon une esthétique de l’accumulation, à la sculpture, à la vidéo, à la performance, au dessin, à la photographie et à l’objet trouvé. Sur un ton qui allie poésie et commentaire social, Farmer s’intéresse à l’histoire, à la culture populaire, à l’histoire de l’art de même qu’à la mise en exposition, à son pouvoir fictionnel et à sa composante temporelle.Arnaud Maggs : Nomenclature
À quatre-vingts ans, il est l’un des plus grands artistes conceptuels au Canada. Cet artiste natif de Montréal est à l’avant-plan des photographes conceptuels canadiens depuis plus de quatre décennies. Arnaud Maggs a d’abord été designer graphique, puis photographe de mode jusqu’au milieu des années 1970. Il entame alors une carrière en arts visuels, où il s’est fait connaître par des séries de portraits en noir et blanc, systématiquement de face, de profil et de dos, à caractère conceptuel et présentés sous forme de grilles.
Après des années consacrées à révolutionner l’art du portrait et à créer une iconographie fascinante à partir de données abstraites, Maggs se tourne vers la notion de mémoire collective, étudiant les rapports que la société entretient avec le passé. La présente exposition se situe dans la foulée de ses travaux constituant une sorte de « bibliothèque visuelle » à partir d’illustrations que l’artiste livre en grands formats rappelant la taille de portraits d’État. Nomenclature présente deux corpus photographiques récents : Werner’s Nomenclature of Colours de 2005 et Cercles chromatiques de M. E. Chevreul de 2006, titres éponymes d’ouvrages cultes sur le langage de la couleur.
Yannick Pouliot
Il nous fait craquer avec des œuvres dotées d’un pouvoir de séduction indéniable : mobilier luxueux tout droit sorti du XVIIIe siècle en acajou recouvert de jacquard, mais doublé d’une forte charge psychologique très contemporaine... « Essayez d’imaginer, écrit Marc Mayer, Watteau et Polanski associés dans une entreprise de décoration intérieure. » Bienvenue dans l’univers de l’artiste québécois Yannick Pouliot. Le Musée d’art contemporain présente la première exposition personnelle de l’artiste à Montréal.
L’exposition présente une suite de dix sérigraphies, un ensemble de trois sculptures – Empire : possessif, Eastlake : intransigeant et Régence monomaniaque de 2007 – et une installation architecturale majeure, Louis XVI : indifférent de 2008. Dans ces œuvres, Pouliot poursuit sa réflexion sur les univers domestiques anthropo-morphiques à l’aide de mobilier inspiré de styles des XVIIIe et XIXe siècles.
Trois expos pour le prix d’une au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), jusqu’au 20 avril 2008.
| La série Projections |
| Tseng Yu-Chin – Who’s Listening et I Hate Assumption Du 19 mars au 18 mai 2008 Poète, écrivain et vidéaste, Tseng Yu-Chin s’intéresse à la psychologie du quotidien, et tout particulièrement à travers le regard de l’enfance, jouant sur le décalage entre l’innocence de cette période et notre perception d’adulte. Dans l’un des segments du cycle vidéo Who’s Listening (2003), des enfants attendent le moment où ils seront aspergés de lait, se pliant de bonne grâce à une plaisanterie douteuse. Dans I Hate Assumption (2005), l’artiste filme, avec leur complicité, des enfants se préparant pour l’école dans un état de somnambulisme : yeux fermés, tête renversée, bouche ouverte… |
| Musées à la carte |
| Pour seulement 45 $*, la Carte musées Montréal donne libre accès à 30 musées et attraits majeurs de la métropole, ainsi qu’à son réseau de transport en commun, et ce, pendant trois jours consécutifs. On peut planifier sa tournée muséale en consultant le site de la Société des directeurs des musées montréalais (SDMM), au www.museesmontreal.org. Chacun des musées participants y est présenté avec ses expositions, ses activités en cours et sa localisation. On peut se procurer la Carte musées Montréal en tout temps auprès des musées et attraits participants, des bureaux d’information touristique du centre-ville ou du Vieux-Montréal, à la Vitrine et dans certains établissements hôteliers. * La carte est aussi disponible sans titre de transport au tarif de 35 $. |
André Quenneville
2008-03-13





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