Histoire de la Nouvelle-France
Nous, Français d’Amérique
La voilà enfin! Après un périple de quatre ans, qui l’aura amenée d’Halifax à Montréal, avec escale à Nantes, Brouage et Dieppe, voici une exposition qui tombe pile en cette année du 400e de Québec. Une exposition qui relate 200 ans de migrations, d’histoire d’hommes et de femmes animés par la découverte d’un ailleurs meilleur et qui représentent presque cinq siècles de vie francophone en Amérique.Jusqu’au 12 octobre 2008, Pointe-à-Callière présente une exposition sur l'implantation française en Amérique. Coproduite avec le Musée d’histoire de Nantes/Château des ducs de Bretagne, l'exposition couvre deux siècles de migrations et s'attache à quelques fortes personnalités, hommes et femmes, partis de leur ville ou de leur village de France pour s'établir en Acadie, dans la vallée du Saint-Laurent et en Louisiane.
Français d’Amérique
Voici une façon originale de découvrir ses origines. En 2008, on estime à plus de 15 millions le nombre de francophones établis en Amérique. Et encore plus qui portent un nom français, sans pour autant parler encore la langue de Molière. N’oubliez pas, en 1620, ils étaient… 60. De 60 à 15 millions. Francophones. De ce nombre, plus de la moitié vivent au Canada. Et quelque 90 % d’entre eux, au Québec. En cette année du 400e anniversaire de la ville de Québec, port d’accueil de ces passagers, l’exposition France, Nouvelle-France. Naissance d'un peuple français en Amérique revêt un intérêt tout particulier et propose une mise à jour sur l’épopée de la conquête de ce monde nouveau et l’histoire de France.
La Nouvelle-France, c’était quoi?
Un immense territoire. Des centaines de fois grand comme la France, partant du golfe du Mexique, y compris la Floride, s’étendant sur tout le Mississippi jusqu’aux Grands Lacs et couvrant la partie sud-est de l’Ontario jusqu’à l’Atlantique, dont les grands pôles portuaires et économiques ont été Montréal (QC), Québec (QC), Trois Rivières (QC), Louisbourg (N.-É.), Fort Beauséjour (N.-B.) et La Nouvelle Orléans (LA).
Vers un ailleurs meilleur…
Par des objets touchants et prenants et des moyens originaux, l'exposition présente les étapes mouvementées au fil desquelles la présence francophone s'est ancrée en Amérique du Nord, avant même la venue de Jacques Cartier en Amérique, en 1534. On y découvre les motivations des monarques français, de François 1er à Louis XIV, à vouloir coloniser et revendiquer ces territoires du Nouveau Monde. On explique ce qui incitait les Français à quitter leur patrie pour choisir une colonie à l'avenir incertain : recherche d'une vie meilleure, contrat de travail de courte durée, service militaire, départ plus ou moins volontaire d'orphelines (les fameuses Filles du Roy – voir encadré)... ou simple besoin d'aventure.
Mouvement migratoire
Au contraire de ceux qui viennent s’installer et s'intégrer à une société en marche, les Français viendront habiter un pays qui n'existe pas encore, pourtant déjà peuplé de multiples nations amérindiennes. C'est une nation qu'ils devront inventer. France, Nouvelle-France. Naissance d'un peuple français en Amérique rappelle donc les jours historiques de la fondation des premiers établissements français en Amérique du Nord – l'île Sainte-Croix et Port-Royal, en 1604 et 1605, et Québec, en 1608 – ainsi que l'aventure du peuplement français sur le continent.
La période décisive de l'implantation française en Amérique concerne tout le 17e siècle, soit les fondations de Trois-Rivières (1634) et de Montréal (1642), en plus de quelques-uns des centres névralgiques de la France et de l'Amérique française, comme Nantes, La Rochelle, l'Acadie, la vallée du Saint-Laurent, la région des Grands Lacs et, enfin, la Louisiane. L'exposition favorise une approche humaine et intimiste de l'histoire par le biais de destins individuels. Elle couvre tout le Régime français, depuis les premières explorations, au 16e siècle, jusqu'à la Conquête et au Traité de Paris, en 1763.
L'importance des Amérindiens
La contribution incontournable des nations amérindiennes est méconnue. Sans la présence des Amérindiens, la survie des colons, l'expansion politique et économique et la connaissance du territoire de la Nouvelle-France auraient été impossibles. Tout le développement de la colonie repose sur les liens qui se sont tissés entre les Amérindiens et la Nouvelle France. Cette dernière, 20 fois moins peuplée que la Nouvelle-Angleterre, s’est maintenue en position de force grâce à ses alliés amérindiens.
L'exposition se termine sur l'après-Conquête britannique et sur l'héritage français sur le continent, où vivent toujours plus de 15 millions de francophones. France, Nouvelle-France. Naissance d'un peuple français en Amérique dépasse les limites de la simple histoire du Canada. Elle touche autant les Français, les Américains, les Britanniques que les Québécois. Une page d’histoire toujours aussi vivante, 500 ans après l’incontournable… Il était une fois. | Les Filles du Roy |
En 1663, dix ans après la Grande Recrue, où 117 engagés viennent doubler la population de Montréal, le peuplement de la colonie stagne. Les projets de métissage sont un échec et Louis XIV, inquiet de voir sa colonie si peu peuplée, décide d’un envoi massif « d'épouseuses ». Un seul but : retenir en colonie les célibataires masculins – soldats et engagés – venus y travailler sur une base temporaire. Le mariage en très bas âge des premières « Filles du pays » aux célibataires masculins, toujours en surnombre, est très… « rentable » d’un point de vue démographie et, contrairement aux hommes qui débarquent en Nouvelle-France, ces jeunes femmes n’ont qu’un billet aller. Au total, 737 femmes prendront mari au moins une fois. Elles donneront naissance à 4 445 enfants. Ce sont leurs enfants que l’on surnommera les Canadiens. Elles ne se doutent pas alors que leurs descendants se compteront plus tard par dizaines de milliers à travers toute l’Amérique du Nord. |
| Le catalogue de l’exposition |
Naissance d'un peuple français en Amérique est beaucoup plus qu’un simple catalogue. C’est un outil précieux et incontournable. Disponible à la boutique du Musée, ce livre est une coproduction de Pointe-à-Callière et du Musée d'histoire de Nantes/Château des ducs de Bretagne. Il souligne le rôle crucial des alliances franco-amérindiennes dans le développement de la présence française, et salue la contribution croissante de l'archéologie à la compréhension du métissage culturel des communautés. |
André Quenneville
2008-06-20





Voir du pays
En 1663, dix ans après la Grande Recrue, où 117 engagés viennent doubler la population de Montréal, le peuplement de la colonie stagne. Les projets de métissage sont un échec et Louis XIV, inquiet de voir sa colonie si peu peuplée, décide d’un envoi massif « d'épouseuses ». Un seul but : retenir en colonie les célibataires masculins – soldats et engagés – venus y travailler sur une base temporaire. Le mariage en très bas âge des premières « Filles du pays » aux célibataires masculins, toujours en surnombre, est très… « rentable » d’un point de vue démographie et, contrairement aux hommes qui débarquent en Nouvelle-France, ces jeunes femmes n’ont qu’un billet aller. Au total, 737 femmes prendront mari au moins une fois. Elles donneront naissance à 4 445 enfants. Ce sont leurs enfants que l’on surnommera les Canadiens. Elles ne se doutent pas alors que leurs descendants se compteront plus tard par dizaines de milliers à travers toute l’Amérique du Nord.
Naissance d'un peuple français en Amérique est beaucoup plus qu’un simple catalogue. C’est un outil précieux et incontournable. Disponible à la boutique du Musée, ce livre est une coproduction de Pointe-à-Callière et du Musée d'histoire de Nantes/Château des ducs de Bretagne. Il souligne le rôle crucial des alliances franco-amérindiennes dans le développement de la présence française, et salue la contribution croissante de l'archéologie à la compréhension du métissage culturel des communautés.
