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La légende du mur du pendu
Noël Plaçoa, amérindien, a été condamné à mort vers 1790 pour un meurtre qu’il jure n’avoir jamais commis. Il a été pendu publiquement au mur latéral nord-est du couvent des Récollets, l’ancienne prison avant la construction de la Vieille prison. Dans les secondes précédant son exécution, il a clamé : « Grand Esprit! Tu sais que je ne suis pas coupable. Et pour le prouver, le mur de pierre de cet édifice ne tiendra jamais! » Un mur de la Vieille prison s’est en effet effondré au 19e siècle et on entendrait plusieurs fois par année, très tôt le matin, l’esprit de Noël Plaçoa crier à tue-tête ses complaintes.
Photographie

Vieille prison de Trois-Rivières 

Condamné à visiter


Soleil radieux dans le ciel! L’herbe est fraîche sous vos pieds nus! Les oiseaux gazouillent! Vous vous sentez libre comme l’air ! Mais… oubliez tout cela pour un instant, car aujourd’hui, je vous amène à l’ombre… et dans la prochaine heure, vous serez derrière les barreaux de la Vieille prison de Trois-Rivières! Je vous condamne à visiter ce lieu… pour obtenir votre libération! Ne passez pas Go, ne réclamez pas 200$, allez directement en prison!

Votre sentence est légère en comparaison de celle des guides de la Vieille prison, d’anciens prisonniers, qui a fermé ses portes comme institution carcérale en 1986, après 164 ans d’existence. Aujourd’hui partie intégrante du Musée québécois de culture populaire, l’institution se révèle un moyen éducatif – et dissuasif! – de se familiariser avec la vie carcérale.

En geôle, point de cajole!

Perdre sa liberté, son intimité et sa dignité, voilà la conséquence de la vie derrière les barreaux. Dans une prison initialement conçue, en 1822, pour 40 prisonniers, on comptait au moment de sa fermeture, il y a une vingtaine d’années, pas moins de 120 détenus. « Tant qu’on voit le plancher, il y a de la place », avait-on coutume de dire. En fait, on déclare la prison insalubre dès 1870, et c’est pour cette raison qu’on la ferme définitivement… 116 ans plus tard! 

Imaginez : prendre une douche fait alors partie des privilèges et les repas sont frugaux : au 19siècle, une livre et demie de pain et de l’eau servent à sustenter les estomacs. Les prisonniers font leurs besoins à même une chaudière de métal disposée dans la chambre, cette dernière n’étant vidée qu’une fois par jour. Pendant ce temps, les chats circulaient librement dans les couloirs pour… éliminer la vermine qui pullulait! Ne craignez rien, tout cela est du passé et la propreté a retrouvé ses quartiers.

Trou… de mémoire


Une fois au frais, le prisonnier qui défie l’autorité des « screws », surnom donné aux mal-aimés gardiens du pénitencier, se voit envoyer au « trou ». Il se retrouve dans l’obscurité totale, pour 30 jours, et une dizaine de repas tout au plus lui sont servis pendant cette période. Il n’a alors aucune idée du temps qui passe, la désorientation spatio-temporelle le rend complètement fou. La leçon est normalement comprise, personne ne désirant retourner dans cet enfer, qui mène à une véritable folie passagère!

Petit bonhomme pendu


La Vieille prison de Trois-Rivières était de juridiction fédérale à son ouverture et on y assistait donc à l’exécution de peines capitales. Une cloche retentissait lors de la pendaison, question d’attirer les Trifluviens sur les lieux. L’évènement, qui était public, avait pour but de dissuader les concitoyens de contrevenir à la loi. Le premier prisonnier à y être pendu était accusé d’avoir volé 40 $. Le deuxième, d’avoir volé un cheval! On peut dire que sa tête est partie… au galop!

La fin de votre visite sera moins cruelle. Vous retrouverez votre liberté en un seul morceau, liberté que vous verrez désormais d’un autre œil. Ce sera alors le moment de vous évader dans les rues de Trois-Rivières et de visiter le bâtiment principal du Musée québécois de culture populaire!


Passer la nuit en prison
Vous désirez étirer votre visite-sentence? Il est possible de séjourner une nuit en prison. L’expérience s’avère extrêmement réaliste, avec le gardien qui vous réveillera en vociférant votre nom au petit matin, après une nuit où les grincements de grille et les claquements de porte par les « screws » (gardiens) auront eu raison de vos nerfs… pour une nuit seulement! Pour refaire vos forces, vous aurez gruau, café et tranche de pain, le tout bien fade, car on n’est pas dans un restaurant cinq étoiles quand on fait du temps! Idéal pour un groupe d’amis ou des collègues de travail! www.enprison.com. Téléphone : (819) 372-0406

Sylvain Lacoursière
Photos : Sylvain Lacoursière, sauf la photo principale (Musée québécois de culture populaire)
2008-11-03

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