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Entre poissons et frissons : tout savoir sur la pêche sur glace au Québec

L’hiver québécois, c’est bien plus que des tuques et des tempêtes de neige. C’est aussi le moment parfait pour s’initier à toutes sortes d’activités aussi givrées que passionnantes, dont une qui sort de l’ordinaire : la pêche sur glace.

Ce loisir, aussi appelé pêche blanche, est une tradition bien ancrée dans notre culture nordique. Essayez et vous verrez, vous deviendrez vite, comme nous, des mordus!

Sur un lac gelé, trois hommes et un garçon victorieux viennent d’attraper un poisson à l’aide d’une brimbale.

Comment pratiquer ce type de pêche?

Pour découvrir ce loisir, on laisse tomber la chaloupe et le matériel coûteux. On perce un trou dans un lac ou une rivière calme gelée. On s’arme ensuite d’une « canne » aussi rudimentaire qu’un simple bâton muni d’un fil à pêche, d’un hameçon sans fioriture et d’un appât qui va du grain de maïs à la crevette en passant par le traditionnel vers de terre.

Quand peut-on taquiner les poissons en saison hivernale?

Au Québec, cette activité se pratique généralement de janvier à la mi-mars, lorsque la glace est suffisamment épaisse pour supporter les cabanes, les motoneiges, les pêcheurs enthousiastes et même les voitures! Des villages de pêche éphémères apparaissent alors sur les lacs et les rivières.

Suivre l’état des glaces chaque semaine

Pour suivre l’évolution de l’état des glaces ou encore pour savoir où et quand aller faire cette sortie sportive, consultez la carte interactive en ligne mise à jour hebdomadairement.

Près de l’Auberge du Lac-Taureau, trois enfants pêchant sur la glace à l’aide d’une brimbale par une belle journée ensoleillée.

Qu’est-ce que ça fait en hiver, un poisson?

Comme l’eau ne gèle qu’en surface, certaines espèces ralentissent leur rythme et se regroupent tout au fond où l’eau est moins froide et la nourriture plus présente. 

D’autres sont au contraire très actives et s’alimentent sous la glace. Dans cette catégorie, on retrouve les prédateurs, tels le doré et le brochet pour qui la chasse aux proies ne s’arrête jamais.

Enfin, il y a les espèces qui profitent de l’hiver pour chercher l’amour! C’est le cas du fameux poulamon atlantique, qui vient frayer en eau douce, et de la lotte.

Quelles espèces peuvent mordre à l’hameçon à cette période de l'année?

Selon les plans d’eau, on trouve diverses espèces savoureuses de poisson à taquiner lors de la saison froide. Voici des informations pour augmenter les chances de prise et, question de « respecter le produit » comme disent les grands chefs, quelques indications pour les cuisiner comme un pro!

Doré jaune

  • Nom scientifique : Sander vitreus
  • Habitat : Lacs à fonds rocheux, eaux calmes, grands plans d’eau.
  • Région : Dans les régions du sud et de l’ouest du Québec.
  • Appâts recommandés : Ménés et leurres souples.
  • Texture et goût : Chair blanche au goût de noisette, douce, très prisée.
  • Méthode de cuisson : Frit, grillé ou au four. 

En savoir plus sur le doré jaune.

Éperlan arc-en-ciel

  • Nom scientifique : Osmerus mordax
  • Habitat : Près des côtes et dans la colonne d’eau, dans des eaux au niveau de salinité varié.
  • Région : Dans toutes les régions qui longent le golfe et le fleuve Saint-Laurent.
  • Appâts recommandés : Vers de terre, chair de crustacés ou de mollusques et morceaux de foie ou de gésier de volaille.
  • Texture et goût : Chair blanche maigre à la texture floconneuse et moelleuse.
  • Méthode de cuisson : Poêlé ou frit en entier lorsqu’il est petit; en papillote ou au four lorsqu’il est plus gros. 

En savoir plus sur l'éperlan arc-en-ciel.

Grand brochet

  • Nom scientifique : Esox lucius
  • Habitat : Lacs et zones calmes de rivières.
  • Région : Présent presque partout au Québec.
  • Appâts recommandés : Poissons-appâts et leurres brillants.
  • Texture et goût : Chair ferme blanche au goût prononcé.
  • Méthode de cuisson : Au BBQ, au four ou en brochette.

En savoir plus sur le grand brochet.

Lotte

  • Nom scientifique : Lota lota
  • Habitat : En eau douce.
  • Région : Présent presque partout au Québec.
  • Appât recommandé : Macaronis cuits à la surface de l'eau pour les attirer (oui, oui!), puis ménés ou gros vers.
  • Texture et goût : Chaire fine, blanche, floconneuse, goût et texture de homard lorsque cuite à la vapeur.
  • Méthode de cuisson : Poêlé ou à la vapeur. 

En savoir plus sur la lotte.

Perchaude

  • Nom scientifique : Perca flavescens
  • Habitat : En eaux peu profondes, près des rives.
  • Régions : Nord-du-Québec, Côte-Nord, Bas-Saint-Laurent et à la limite de la Gaspésie.
  • Appâts recommandés : Un leurre brillant avec un petit morceau de crevettes ou de ver.
  • Texture et goût : Chair ferme et blanche au goût douceâtre.
  • Méthode de cuisson : Pané ou poêlé.

En savoir plus sur la perchaude.

Deux poulamons sont déposés sur la neige.

Poulamon (petit poisson des chenaux)

  • Nom scientifique : Microgadus tomcod
  • Habitat : Estuaire du Saint-Laurent, jusqu’aux rivières Sainte-Anne et Batiscan, où il se reproduit.
  • Région : Toutes les régions qui longent le fleuve Saint-Laurent.
  • Appâts recommandés : Vers, petits poissons et morceaux de foie.
  • Texture et goût : Chair blanche, fine et délicate.
  • Méthode de cuisson : Frit, en chaudrée, bouilli ou poêlé.

À noter : Aucun permis n’est requis pour pratiquer la pêche aux petits poissons des chenaux à Sainte-Anne-de-la-Pérade et aucune limite de prises ne s’applique. 

En savoir plus sur le poulamon.

Omble de fontaine (truite mouchetée)

  • Nom scientifique : Salvelinus fontinalis
  • Habitat : Lacs et rivières aux eaux claires et fraîches.
  • Région : Présent presque partout au Québec.
  • Appâts recommandés : Vers de terre et ménés vivants.
  • Texture et goût : Chair rosée, délicate et raffinée.
  • Méthode de cuisson : En papillote, poêlé ou fumé.

En savoir plus sur l’omble de fontaine.

Consommer respectueusement les poissons du Saint-Laurent

Parmi les différentes ressources disponibles, le programme Fourchette bleue, fondé par Exploramer, établit une liste des espèces marines comestibles du Saint-Laurent pour faire connaître et préserver sa biodiversité. On y trouve une panoplie d’informations utiles et même des conseils pour les cuisiner!

Où aller pour pratiquer cette activité?

Il est possible de pêcher sur presque tous les lacs du Québec. Les parcs, les réserves fauniques et les pourvoiries sont des endroits prisés. Nos petites cabanes décorées protègent du froid (certaines sont même chauffées, mais pas de panique, ça ne risque pas de faire fondre la glace). Elles sont très douillettes et, comme nous, elles sont colorées. 

Voici quelques-uns de nos endroits coup de cœur, mais ils sont loin d’être les seuls! Avec autant de lieux où faire de la pêche sur glace, on a l’embarras du choix! 

  • Sainte-Anne-de-la-Pérade (Mauricie) : Chaque hiver, plusieurs centaines de cabanes colorées forment un véritable petit village sur la glace de la rivière Sainte-Anne pour taquiner le poulamon en famille.
  • Village Nordik du Port de Québec (Région de Québec) : Pêcher la truite en plein cœur du Vieux-Port, oui, c’est possible! Le Village Nordik offre une expérience unique avec animation et restauration. Idéal pour les débutants, avec encadrement et équipement fourni.
  • Villages de pêche blanche – Contact Nature (Saguenay–Lac-Saint-Jean) : À La Baie, on dénombre des centaines de cabanes sur le fjord du Saguenay, où nagent des espèces qu’on trouve plus difficilement ailleurs, comme le sébaste et la morue arctique.
  • Pêche Blanche Gatineau (Outaouais) : Un vrai village sur glace avec plus de 200 cabanes! Tout est fourni sur place, et l’ambiance est conviviale et familiale.
  • ZEC des Martres (Charlevoix) : Un paradis de plein air dans Charlevoix! On peut y pêcher la truite mouchetée dans un décor grandiose, avec hébergement rustique ou en chalet.

Conseils pour une sortie sur glace réussie

C’est décidé, cet hiver, vous vous initiez à la pêche sur glace. Avant de vous lancer, voici les indispensables pour une journée fructueuse et les erreurs à ne pas commettre sous peine de rentrer bredouille.

Différents instruments pour faire de la pêche sur glace sont alignés sur la neige.
  • Détenir un permis de pêche en vigueur : il est obligatoire, même en hiver! Les contrôles sont fréquents et les amendes, salées. On s’assure aussi de ne pas dépasser le quota de prises autorisé par espèce et selon le plan d’eau.
  • Essayer les brimbales : ces perches à contrepoids traditionnelles dont la ligne est plongée dans un trou sont les meilleurs alliés. Bien sûr, on peut aussi utiliser une canne traditionnelle, mais il est bien agréable de contempler les beautés des alentours en attendant que ça morde. Sans compter qu’on peut exploiter plusieurs brimbales à la fois!
  • Vérifier l’état des glaces : on consulte notre carte interactive et on communique avec le centre qu’on prévoit visiter pour ne pas faire qu’une escapade routière... Les aventuriers qui souhaitent arpenter les lacs à leur guise sans dépendre de personne prendront soin de vérifier une épaisseur minimale de 10 centimètres pour les déplacements à pied et 30 centimètres pour circuler en voiture.
  • Apporter des vêtements chauds : tuque, mitaines, bottes isolées… Le froid ne pardonne pas, surtout si on passe une journée sur la glace. Mieux vaut prévoir trop de couches que pas assez et, pourquoi pas, s’amener un thermos débordant de boisson chaude!
Deux femmes souriantes et chaudement habillées sont assises sur un banc de neige près d’une cabane en bois et font de la pêche sur glace à Saguenay.
  • S’informer des inclusions sur place : les équipements fournis et les produits en vente sur place varient d’un établissement à l’autre. On se renseigne d’avance pour apporter le nécessaire avec soi.
  • Choisir son emplacement : certains plans d’eau sont plus poissonneux que d’autres et le succès peut varier selon les périodes de l’année. Par exemple, quand il a fini de frayer, le fameux petit poisson des chenaux disparaît! On s’informe auprès des centres de pêche ou des pourvoiries.
  • Prévoir la sécurité avant tout : la Société de sauvetage du Québec invite à faire preuve de grande prudence lors d’une sortie sur une surface glacée, notamment, en s’informant sur l’état de la glace, en ne partant jamais seul et en connaissant les réactions à avoir en cas d’incident. On consulte leurs 10 conseils avant de s’aventurer sur la glace pour profiter au maximum et être bien informé!
Au coucher du soleil, plusieurs brimbales sont alignées sur un plan d’eau gelé dans Lanaudière.

Titre
Des sorties hivernales pour tous les goûts

Description

La pêche sur glace est l’une des nombreuses activités que l’on peut pratiquer exceptionnellement durant la saison des neiges. On découvre l’hiver comme jamais en s’initiant à de nouveaux sports!