Un homme vêtu d’un manteau jaune traverse en raquettes une forêt de conifères gorgés de neige.

Petit guide pratique pour « survivre » à l’hiver québécois

Chez nous, l’hiver n’est pas une simple parenthèse : c’est une saison fondatrice, un pilier de notre identité culturelle, une réalité qui façonne autant nos paysages que nos habitudes. De la mi-novembre à la fin mars, la neige recouvre nos villes et campagnes. Nos décors se transforment en cartes postales givrées, les températures plongent sous zéro et, loin de s’enfermer, on sort jouer dehors, sans hésiter. 

Vous songez à venir nous visiter pour vivre « une fois dans sa vie » la neige et le froid qui pique les joues, mais vous ne savez pas par où commencer? Ça tombe bien, on vous a concocté un guide pratique pour vous accompagner dans l’organisation de votre périple nordique. C’est parti, suivez le guide!

Vue aérienne de la patinoire extérieure en forme d’anneau du centre de villégiature de l’Auberge du Lac Taureau, dans Lanaudière.

Vous l’aurez compris, l’hiver québécois, c’est une drôle de bête, un mélange de froid mordant, de traditions chaleureuses et d’activités complètement déjantées. Pour les visiteurs non initiés, cette période peut sembler rude, voire intimidante. Pourtant, avec les bons vêtements, un brin de curiosité et quelques conseils avisés, vous découvrirez un Québec vibrant, festif et résolument tourné vers l’extérieur, même quand le mercure plonge sous les -20 °C. 

L’hiver ici n’est pas qu’une saison : c’est un mode de vie, une fête, une aventure. Pour en profiter comme nous, il suffit simplement de bien vous y préparer.

Paysage hivernal de gens qui s’amusent dans des structures lumineuses en forme d’anneau en plein cœur du Quartier des spectacles de Montréal.

Les particularités de notre hiver

Au Québec, les quatre saisons sont caractérisées par des transitions nettes, ce qui fait dire à certains que Dame Nature a le sens du spectacle. Après un court automne mettant en vedette le rouge, l’orange et le jaune, elle dénude nos arbres et change radicalement sa palette pour repeindre unilatéralement le décor en blanc. En raison de notre grande superficie et de notre territoire qui s’étend sur 2 000 kilomètres entre les 45e et 62e parallèles, notre hiver est loin d’être uniforme partout.

Dans nos régions au sud du 50e parallèle, où sont situées la majorité de nos villes, le climat de type continental tempéré est caractérisé par une succession de zones de hautes et de basses pressions qui entraînent des variations de température de grande amplitude. Ainsi, il n’est pas rare de voir en janvier des journées ensoleillées et froides où le mercure ne dépasse pas -15 °C, et des journées pluvieuses où la température grimpe au-dessus de 2 °C. Sans quoi, nos régions plus nordiques (allô le Nunavik, Eeyou Istchee Baie-James, la Côte-Nord et le Saguenay–Lac-Saint-Jean) comprennent une zone subarctique et une zone arctique, où cette saison est plus froide et plus sèche.

Deux personnes font de la raquette au cœur d’une tempête de neige dans le parc national de la Gaspésie.

Notre hiver s’étend généralement de la mi-novembre à la fin mars (parfois plus, Dame Nature aime bien nous surprendre avec des périodes de prolongation), avec des températures pouvant varier de 0 °C à -30 °C selon les régions et les caprices de Dame Nature (encore elle!). Mais ne vous laissez pas intimider : on a appris à apprivoiser cette saison et à en tirer le meilleur (et on a bien l’intention de vous montrer comment!).

Et comme on le dit si bien par chez nous : en hiver, il fait frette! (Haha, il fait quoi? Pour le savoir, il faut aller lire notre petit lexique hivernal un peu plus bas, juste ici.) Cependant, s’il arrive que les températures dépassent les -30 °C, ce type de froid polaire demeure assez rare. Par exemple, à Montréal, le mercure oscille plutôt entre -10 °C le jour et -15 °C la nuit, et il fait généralement de 3 à 5 °C de moins qu’à Québec. Si vous vous éloignez du fleuve Saint-Laurent, la température descend, mais l’humidité aussi, et le froid « sec » est plus facile à tolérer.

Au coucher du soleil, un paysage hivernal du quartier Petit-Champlain de Québec. En arrière-plan, le Château Frontenac enneigé et illuminé.

De façon générale, c’est en janvier que les températures sont les plus froides, descendant par moment jusqu’à frôler les -25 °C. Ça peut sembler glacé, mais, en réalité, c’est à ce moment de l’année que les conditions hivernales sont optimales pour faire des activités. Le tout sous un splendide ciel bleu éclatant, c’est plus que magnifique.

Janvier et février sont donc les mois les plus froids, mais les plus festifs, alors que décembre est magique pour les marchés de Noël, et que mars offre un bel équilibre entre neige et soleil, idéal pour l’arrivée du temps des sucres. Quant à la neige elle-même, sachez qu’on ne parle pas ici d’un petit tapis blanc. On pourrait en fait parler d’un immense matelas, puisque la blanche substance s’accumule dans certain cas sur une épaisseur allant jusqu’à plus de 400 centimètres. Ça fait beaucoup de bonhommes de neige, ça!

À quand l’apogée de la neige?

S’il arrive que la neige commence en novembre, il faut savoir que l’hiver s’installe rarement de façon définitive avant décembre et que la couverture neigeuse n’est souvent suffisante pour les activités hivernales qu’à compter de la fin décembre. Pareil pour le mois d’avril. La neige est bien souvent encore présente, mais sous l’effet de la chaleur, elle se transforme en un amas de petits cubes de glace, un peu moins agréable, avouons-le. À garder en tête lors de votre planification!

Paysage du chalet d’accueil au sommet du parc national des Monts-Valin, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, où les sapins sont tellement gorgés de neige qu’ils ressemblent à des fantômes.

Comment s’habiller pour ne pas avoir froid?

Pour s’en donner à cœur joie dans les belles bordées, la règle hivernale par excellence est qu’il faut être habillé adéquatement. Pas le choix! Donc, avant même de penser aux activités, parlons de l’essentiel : les vêtements. Ici, on ne plaisante pas avec la règle des trois couches (aussi appelé le principe des pelures d’oignon). Le rôle de chaque couche, complémentaire, permet de combattre tant le froid que l’humidité. 

No 1. La couche de base : un vêtement près du corps qui évacue l’humidité. C’est le point de départ de votre confort, celui qui vous permet de rester au sec, en évacuant la transpiration de la peau vers les autres couches de vêtement. Optez pour un tissu respirant, qui sèche rapidement. Le polyester ou encore la laine mérinos, par exemple.

No 2. La couche intermédiaire : pour isoler. Place à l’apport de chaleur pour cette deuxième épaisseur. Si un gros chandail peut faire l’affaire, les matières synthétiques sont plus répandues, puisqu’elles protègent des températures basses même quand le climat est plutôt humide. Elles transfèrent en plus l’humidité vers l’extérieur, pour permettre de sécher plus rapidement et éviter les risques de prendre un coup de gel.

No 3. La couche extérieure : pour couper le vent, la neige (et l’eau qu’elle devient en fondant). Votre rempart contre les éléments extérieurs doit être, sans surprise, à la fois coupe-vent et imperméable. Attention toutefois, rappelons que plus un tissu est imperméable, moins il « respire ».

Bien sûr, il faut s’adapter aux conditions. Par exemple, si la journée n’est pas le moins du monde venteuse, vous aurez peut-être envie de ne porter qu’une première couche avec une ou plusieurs deuxièmes couches. Si vous nous visitez en mars, alors que les journées rallongent et se réchauffent, ça pourrait être une bonne option. Si au contraire, la journée est frigorifiante, vous pouvez toujours ajouter une seconde deuxième couche, mais évitez de doubler la première ou la troisième au risque de finir par baigner dans la sueur.

Un couple de dos, bien emmitouflé dans des vêtements d’hiver rouges, contemple un paysage d’hiver à partir d’un belvédère enneigé.

Et pour les enfants?

Les plus jeunes, avec toute l’énergie qu’on leur connaît, n’ont souvent pas tout à fait les mêmes besoins vestimentaires hivernaux que leurs aînés. Les petits ont donc généralement besoin d’équipements plus respirants.

Mais ce n’est pas tout, il faut encore parler des extrémités! Avoir les doigts ou le bout du nez gelé, ça gâche une journée en moins de deux. Notre système priorise l’afflux sanguin dans le cerveau et les organes vitaux. Si ces derniers sont bien au chaud, ils consomment moins d’énergie pour se réchauffer et permettent au reste du corps, et notamment aux extrémités, d’être bien alimenté.

En forêt, un homme et trois enfants dévalent une piste de neige sur des luges.

Faire sa valise : les indispensables

Ajoutez à vos fameuses trois couches une bonne tuque, des mitaines ou gants isolants (parce qu’en laine, avec la chaleur de vos mains, ils auront tôt fait d’être mouillés), un cache-cou ou un foulard, des bottes d’hiver imperméables et chaudes avec des semelles bien définies (comme des crampons) qui assurent une bonne adhérence sur la neige et la glace, et des bas de laine (pensez d’ailleurs à emporter une seconde paire dans votre sac). Et surtout, n’ayez pas peur d’avoir l’air du Bonhomme Michelin. Ici, c’est le confort qui prime. Et puis il sera toujours temps de sortir vos jolis atours une fois bien au chaud à l’intérieur.

Pensez aussi à mettre dans votre valise un tube de baume à lèvres et de la crème hydratante, car l’hiver peut être dur sur la peau. Et malgré que cela puisse paraître surprenant, amenez aussi de la crème solaire. Le soleil de mars qui se reflète sur la neige a tôt fait de brûler les peaux sensibles.

Où s’équiper?

Envie de vous initier à des activités comme le ski, la raquette, le patin, la glissade ou la pêche sur glace? Pour certains sports, l’équipement peut représenter une dépense importante. Attendez donc avant d’acheter, puisque plusieurs établissements offrent un service de prêt ou de location sur place. Les manteaux, les bottes et les mitaines peuvent également être loués chez certains détaillants spécialisés. Après tout, ça fait un souvenir encombrant dans les valises au retour, un manteau doublé avec une garantie de confort par -40 °C si vous habitez une région où le mercure ne descend jamais sous zéro!

Sur un anneau de glace en pleine forêt, un couple patine tranquillement en se tenant par la main.

Où dormir?

Avec nos nombreux hôtels, gîtes, auberges et chalets, on ne manque pas d’occasions de vous offrir un refuge douillet. Mais! Si vous avez envie d’aventure, on a aussi des hébergements insolites. Dormir avec des loups? Passer la nuit dans un hôtel de glace? Rêver perché à la cime des arbres, dans une yourte ou un dôme? Tout est possible!

Une personne fait du ski Hok devant des éco-habitations dans les Laurentides.

Se déplacer

Louer une voiture avec pneus d’hiver est essentiel si vous sortez des grandes villes. Mais ne vous en faites pas. Comme les pneus d’hiver sont obligatoires du 1er décembre au 15 mars, toutes les voitures disponibles à la location en sont équipées. Mais attention : même en étant bien chaussé, les routes peuvent être glissantes et il faut redoubler de prudence au volant, surtout lors de tempête. Vérifiez toujours les conditions météo avant de prendre la route.

Si vous n’êtes pas à l’aise de conduire un véhicule en hiver, il existe d’autres options de transport sécuritaire sur lesquelles vous pouvez compter. Il est notamment possible de se déplacer en autocar, en train ou en navette entre la plupart de nos villes et villages. Il y a également des navettes qui assurent le transport vers des destinations nature... Une grande évasion en toute simplicité! Évidemment, il y a aussi le transport en commun offert dans la plupart de nos grandes villes, soit le train, l’autobus, les services de covoiturage, sans oublier le métro souterrain à Montréal.

Lexique en rafale

L’hiver québécois a son propre vocabulaire, Oui! Oui! Notre franc parler varie au rythme que les degrés descendent. Difficile de faire autrement! Termes météorologiques, expressions populaires et vocabulaires typiques à nos activités : voici quelques mots qui vous permettront de vous fondre(!) dans la masse.

Météo et conditions

  • Frette : Il fait très froid.
  • Banc de neige : Rien ici pour s’asseoir. Il désigne un amas de neige compacte, formé naturellement par accumulation ou lors d’un déneigement.
  • Verglas : Fine couche de glace se formant sur les surfaces, très glissante.
  • Charrue : Souffleuse ou chasse-neige qui dégage les voies de circulation.
  • Poudrerie : Neige soulevée par le vent, réduisant la visibilité.
  • Slush ou sloche : Neige fondante mélangée à de l’eau et de la gadoue. Le bon terme vous surprendra peut-être autant : névasse!
  • Refroidissement éolien : Ou facteur vent. Sensation de froid amplifiée par le vent.

Vêtements et accessoires

  • Soute : Ensemble de vêtements d’hiver comprenant une salopette et un manteau.
  • Tuque : Bonnet chaud pour couvrir la tête.
  • Mitaines : Gants à deux compartiments, un pour le pouce, l’autre pour les quatre autres doigts.
  • Bas de laine : Chaussettes épaisses et chaudes. On utilise aussi cette expression pour désigner les épargnes. À chacun son bas de laine!
  • Cache-cou : Bande de tissus formant un cylindre pour protéger le cou du froid.
  • Bottes Sorel : L’une des bottes d’hiver emblématiques du Québec.

Activités hivernales

  • Crazy carpet : Tapis-luge en plastique très glissant.
  • Sleigh : Traîneau ou véhicule à patins glissant sur la neige.
  • Glissade : Descente en luge ou tube pneumatique sur une pente enneigée.
  • Cabane à pêche : Petite cabane chauffée pour une partie de pêche sur la glace.
  • Canot à glace : Sport extrême sur le fleuve Saint-Laurent gelé, typique du Carnaval de Québec. On court à côté du canot sur la glace pour le faire avancer avant de sauter à l’intérieur.
  • Ski-Doo : Motoneige, véhicule motorisé pour circuler sur la neige.
  • Igloo : Abri traditionnel inuit.

Culture et expressions

  • Bonhomme Carnaval : Mascotte officielle du Carnaval de Québec (il parle, ce qui peut surprendre de la part d’une mascotte!). On le rencontre parfois en dehors de l’événement.
  • Caribou : Boisson chaude alcoolisée typique des festivals d’hiver.
  • Faire du cocooning : Rester bien au chaud chez soi, souvent avec une boisson chaude.
  • Avoir vu neiger : Avoir l’habitude, ne pas être surpris.
  • Être gelé comme une crotte : Avoir très froid.
  • Avoir la guédille au nez : Avoir le nez qui coule.
  • Prendre une débarque : Se casser la figure (attention à la glace!).
  • Balai à neige : L’outil essentiel pour déneiger la voiture. Une extrémité permet de gratter la glace, l’autre de balayer la neige.
  • C’est pas chaud pour la pompe à l’eau : On se les gèle!
Au sommet d’une butte, une femme et deux enfants s’apprêtent à glisser sur la neige, assis sur des chambres à air.

Titre
On vous accompagne dans votre périple nordique

Description

L’hiver a gagné votre cœur, mais vous ne savez toujours pas par où commencer? Nos spécialistes de la destination sont à l’écoute pour vous donner un coup de pouce. Ils vous guideront, étape par étape, pour métamorphoser ce rêve en un réel projet de voyage. En attendant, on continue de vous titiller avec ces quelques (autres!) tentations hivernales.